28 août 2026

Maison MARLIN

Maison MARLIN

Située au lieu-dit « Les Souchets ». Y vivait, lorsque j’étais tout jeune, Virgile MARLIN, un vieux célibataire qui était seul, travaillait seul, sans bruit, mais en principe avec un retard de dix à quinze jours sur les gens du village. (1)

La maison a été bâtie par son père, que je n’ai pas connu (à mon grand regret, car j’aurais aimé le voir travailler). C’était un maçon tailleur de pierre de nationalité autrichienne, qui, paraît-il, était fort comme une grue. D’après les vieux qui l’avaient connu, il couvrait un écu de cinq francs (un Napoléon) avec son pouce (un écu mesure 37 mm).

C’est lui qui a taillé les pierres et construit la grande fontaine au milieu du village, et mon grand-père BIANCHI (vieux maçon suisse italien) me disait, admiratif, qu’il mettait en place ces pierres très lourdes avec l’une de ses filles, et sans aucun appareil de levage.

Il avait construit également le mur ouest du « magasin » (voir la « maison chez MORNARD »), qu’on peut encore admirer aujourd’hui.

La mère de Virgile était une fille BLANCHOT, Pierrette, mariée à Joseph MARLIN, qui, comme je l’ai déjà dit plus haut, était de nationalité autrichienne. Joseph avait sûrement hérité de la ferme de la Grange des Noix.

On disait aussi qu’il possédait une marmite pleine de louis d’or. J’ignore s’il était réellement riche, mais ce dont je me rappelle, c’est qu’il était près de ses sous, et jamais à Voillans on n’a entendu dire que la marmite (sûrement imaginaire) avait été trouvée… dommage ?

Il a vécu plusieurs années avec la « Magnatte », et je crois qu’il est mort subitement dans un champ derrière sa maison.

(1) P.-S. de F.-C. : À l’époque de mon père, et jusqu’au remembrement, les gens du village, en majorité des agriculteurs, avaient leurs champs disséminés sur tout le territoire de la commune, souvent les uns à côté des autres. Tout le monde suivait de près le travail des voisins : le premier qui commençait, par exemple les foins, donnait le signal, et celui qui débutait avec quinze jours ou plus de retard sur les autres était un peu montré du doigt et critiqué.