22 juin 2026

Cinéma Stella de Baume les Dames : à l'affiche du 28 au 1 juillet 2026

Voici le programme du Stella pour cette nouvelle semaine cinématographique ainsi que le lien pour prendre vos places sur le nouveau site en cliquant sur ce lien 

Attention : nouvel horaire le jeudi : 20H00



Sécheresse : VIGILANCE ORANGE

 




19 juin 2026

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Elle appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bageot », qui vivait avec sa vieille mère, Philomène Bonney, « la Philo ».
Bageot était un vieux célibataire qui tenait café. Je ne l’ai jamais vu travailler, à part dans son jardin l’été, mais je l’ai souvent entendu se plaindre. Cela nous faisait rire car, pendant que nous trimions dans les champs, lui était assis à l’ombre !

À intervalles plus ou moins réguliers, il faisait ce que les gens appelaient, en parlant de Bageot, « ses neuvaines », c’est-à-dire qu’il se soûlait en compagnie, puis continuait de boire seul, se traînant jusqu’à la cave depuis son lit. Cela durait en principe environ douze à quinze jours, pratiquement sans manger, au désespoir de sa mère.

Il finissait affalé sur son lit, cheveux et barbe hirsutes, et quand enfin il refaisait surface, complètement hagard, c’était souvent pour se plaindre de douleurs ramassées dans les tranchées en 14-18, suites de sa soulographie.

À ce stade-là, il se mettait au lait et à l’eau, et si quelqu’un lui offrait un verre de vin, il s’enfuyait comme si cela avait été de l’arsenic.
Ce régime durait en principe quelques semaines, puis, à l’occasion d’une visite, il repartait pour une autre « neuvaine » (2).

À son décès, sa mère étant elle-même morte depuis plusieurs années, la sœur de Bageot, Héloïse Kuhni, héritière, a loué la maison à un nommé Jackson, puis l’a vendue à Maria Bianchi. Depuis le décès de cette dernière, ce sont M. Caffé Patrick et Annie, son épouse, qui en sont les propriétaires.

Attenante à la maison de Bageot et lui appartenant également, se trouvait une petite maison dont le propriétaire à l’époque (env. 1910-1930) était un monsieur Noël de Baume. Je me souviens qu’elle a été utilisée tout d’abord par le fromager Kuhni lors de son arrivée à Voillans, puis occupée ensuite par Eugène Simonin, dit « Dèdet », un vieux menuisier célibataire qui dormait par terre, derrière son établi, dans un véritable nid de puces. C’est d’ailleurs là qu’il est mort.

C’était un pauvre malheureux, pas très courageux, qui aimait bien un petit coup de rouge. Il faisait office de garde champêtre et d’appariteur public, avec le tambour (2).

Il nous menaçait parfois des foudres de la loi quand nous faisions des bêtises, mais cela n’avait jamais de suite.

P.-S. de F. C. : 

(1) Une neuvaine, dans l’Église catholique, est une dévotion privée ou publique de neuf jours.

(2) C’est le tambour qui est sur la fenêtre de la mairie.

(3) Cette maison fera également l'objet d'un autre article concernant Mr.Jackson 


Auguste Trimaille dit "Bageot"
Photo Martine Sandrat

Philomène Trimaille est assise devant la fenêtre
Photo Martine Sandrat





17 juin 2026

Maison de CHAMPROY François et Maria

Maison de CHAMPROY François et Maria (mes parents)

Ma sœur et mon beau-frère.
C’est là qu’à partir de 1922 nous avons grandi, mes frères et sœurs et moi.
D’ailleurs, deux, André et Angèle, y sont nés.

(P.-S. de F. C. : je rappelle au lecteur que je recopie ce qu’a écrit C. Champroy, même ce qui est personnel.)

En 1921, quand mon père a acheté une partie de cette grande bâtisse, elle appartenait à trois propriétaires différents.

1°) La partie appelée chez « DOUBET » était en ruines. J’avais même vu s’effondrer le toit quelques années auparavant. Elle appartenait à une famille Curty (Virgile, Paul, etc.), héritiers de Claude Hème, dit Doubet.
D’après Virgile, ce dernier, à 20 ans, s’était « vendu » (1) pour faire le service militaire à la place d’un autre et avait ainsi passé deux fois sept ans (14 ans) à La Réunion.

(1) P.-S. de F. C. — En France :
Le tirage au sort pour désigner les recrues de l’armée, avec son corollaire le remplacement, est pratiqué depuis la loi sur la conscription du 19 fructidor an VI (1797-1798) et conservé jusqu’en 1889.
Les besoins militaires du Second Empire amènent une remise en question du remplacement comme institution de la société bourgeoise. L’interdiction du remplacement militaire est incluse dans la Constitution du 4 novembre 1848. Il perdure cependant jusqu’à son abolition par la loi Berteaux du 21 mars 1905.
Source : Wikipédia

Marcel et Jeanne ont cédé une partie de Doubet à leur fils Denis, qui l’a aménagée en logement de vacances. Ensuite, Denis l’a vendue à Jocelyne Dumesnil, qui l’a revendue à son tour.

2°) La deuxième partie se composait d’un corps de logis sur cave, avec cuisine, de construction relativement récente, appartenant à la veuve d’un garde forestier, Bouhelier L., et à sa fille Berthe.
Ce logement était d’ailleurs appelé chez le garde.

3°) La troisième partie, une écurie et une grange, appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bajot ». Elle servait de dépendances au café que ce dernier exploitait avec sa vieille mère, « la Philo », à quelques mètres de là.

En 1921-1922, mon père a fait reconstruire la partie Doubet pour en faire grange, écurie et caves à betteraves.

Le logement Bouhelier était alors occupé par les sœurs Cuenot, Anna et Marguerite. La première tenait une petite épicerie dans la grande pièce et la deuxième était couturière.

Entre leur départ et notre arrivée, je me souviens que les invités de la noce d’une de mes tantes avaient dansé dans la grande pièce.
Musicien : Louis Liard, à l’harmonica !

Quant à la partie n° 3, elle a été achetée par ma mère après le décès de Bajot (Auguste Trimaille) et transformée par la suite en salle à manger et garage.

Je me souviens aussi que, dans cette cuisine mitoyenne à l’écurie de Bajot ainsi que dans la grande pièce que l’on appelait « chez Binbin », nous avions été intoxiqués par du gaz que Bajot avait acheté pour gazer les renards dans leurs terriers.

(P.-S. de F. C. : cette pratique, cruelle et inefficace — c’est prouvé — était courante à l’époque. Elle est interdite depuis les années 1980-1990.)

Les récipients qui contenaient le gaz fuyaient ou n’étaient pas étanches. En tout cas, nous avions été obligés de quitter les lieux, mais il ne voulait pas l’admettre. 












13 juin 2026