9 oct. 2026

Repas de chasse

 « Manger le foie » et plus anciennement « manger la misse » (rate)***

Lorsqu’un gibier était abattu, la coutume en Franche-Comté (à Voillans j'en suis sur) voulait que l’heureux chasseur qui avait tué l’animal invite les participants à la battue à venir manger un morceau de l’animal tué.

À Voillans, c’était surtout pour un chevreuil ou un sanglier, donc du gros gibier.

Avant le repas, le gibier était dépouillé, découpé en parts égales et numérotées. Les abats — foie, rate, poumons — étaient mis de côté, avec un gigot, pour le repas du soir.

Ensuite, chaque chasseur participant à la battue tirait le numéro de sa part, bon morceau ou moins bon.

Autour d’une longue table, chacun avait apporté, comme le voulait la coutume, sa miche de pain et son litre de vin rouge, acheté aux Docks ou à la coopérative. Le repas était simple, mais les soirées étaient souvent longues et surtout très conviviales.

On se retrouvait dans le poêle, la pièce à vivre des maisons comtoises. Après un ou deux canons de gros rouge, les voix montaient. On reparlait de la chasse, de la traque, des tirs, chacun ayant bien sûr sa façon de raconter les événements. Les plaisanteries et les histoires de chasse faisaient partie de la soirée.

L’ambiance était très colorée et aussi très enfumée par la fumée des cigarettes que nos vieux paysans comtois roulaient entre leurs gros doigts boudinés par le travail manuel. Je me rappelle que c’était du tabac gris « Caporal » et que les feuilles étaient de marque « JOB ».

Je me souviens aussi qu’une fois la cigarette fumée, le mégot bien humecté, certains des plus âgés enlevaient discrètement la partie brûlée et chiquaient le restant. Diable ! Faut rien laisser perdre !

Le repas commençait par une bonne soupe cuisinée avec une partie de la tête de l’animal abattu et des légumes du jardin pour l’épaissir.

Puis venaient les patates avec les abats.

Après les abats venait le gigot, coupé en fines tranches et arrosé d’une sauce épaisse faite de champignons, surtout des trompettes-de-la-mort, puisque c’était la saison, avec quelques morilles séchées du printemps dernier, pas beaucoup, car c’était une denrée assez rare.

À mesure que le ragoût descendait, en même temps que les verres se vidaient, les visages viraient au cramoisi, magnifiquement rougis par le grand air et la boisson. Il ne faudrait pourtant pas en déduire que ces hommes étaient pour la plupart des ivrognes. Le vin faisait simplement partie du repas et de ces longues soirées entre chasseurs, où l’on buvait tout en parlant et en plaisantant. La température montait, faisant perler les fronts, et le ton montait dans la grande pièce.

Alors, le français de l’école s’effaçait, trop étroit, trop poli pour ces hommes rudes de la campagne. Le vieux patois comtois, rugueux et savoureux, reprenait ses droits dans les bouches.

C’était l’heure des « forts en gueule ». Les bras s’agitaient, les poings tapaient sur la table pour appuyer les dires. On ne chassait pas pour la viande — il n’y avait pas de congélateur dans nos campagnes à cette époque — mais pour le plaisir d’être ensemble.

Chacun y allait de son couplet. C’était le moment où ressortaient les vieilles histoires de chasse, les déboires des uns et les exploits des autres. Les anecdotes fusaient, gonflées par le vin et la malice des anciens, qui en rajoutaient une couche pour les petits nouveaux.

Puis venait la fin du repas. Les assiettes étaient bien torchées des restes de sauce avec le trognon de pain. Le ragoût n’était plus qu’un souvenir, mais personne ne bougeait encore.

C’est alors que le maître de maison, une fois le café servi, sortait sa bouteille de gnole. Une vieille prune maison, une vraie, comme il disait, « pas trafiquée » : 52 degrés, pas pour fillette ! Elle avait été distillée pendant l’hiver, alors que la neige recouvrait encore les campagnes.

La bouteille faisait le tour de la table. Chacun avait droit à son petit verre, parfois accompagné d’un commentaire sur sa provenance, son âge ou la force de la prune. Le maître de maison n’était pas peu fier de son breuvage. Et bien entendu, il se trouvait toujours quelqu’un pour dire qu’elle était fameuse… avant de tousser discrètement après la première gorgée.

Voilà aussi ce qu’étaient ces repas de chasse : un bon repas, du pain, du vin, des histoires, des rires et une table où l’on prenait le temps de rester ensemble. Et peut-être qu’un jour, plus personne ne saura ce que voulait dire « manger la misse ». C’est justement pour cela que cette vieille expression mérite de rester dans nos souvenirs.


PS- de FC  : Dans la langue Néerlandaise moderne et historiquement en Bas-Allemand, MILT  est le mot exact pour désigner la rate 
La Franche Comté, les Pays Bas et une partie des territoires Allemand, ont été à différentes périodes sous l'influence ou l'autorité des HAsbourgs (Ce qui expliquerais que Milt (Rate) déformé soit Misse en Franche Comté '" ce n est qu une hypothese qui n engage que moi et si  un lecteur a une autre explicatoin elle sera la bienvenue ....?...                                              F -C

6 oct. 2026

Sécurisation de la traversée du village

 L'entreprise globale signalisation a réalisé le marquage de sécurité de la traversée du village.

la méthode est bien rodée : on délimite les traces avec du scotch, puis on projette de la peinture et on lance de la poudre de verre, fine comme du sable fin, très douce au contact, qui brillera la nuit avec les phares. Enfin on décolle le sctoch.  







5 oct. 2026

Cinéma Stella de Baume les Dames : à l'affiche du 7 au 13 octobre 2026

Voici le programme du Stella pour cette nouvelle semaine cinématographique ainsi que le lien pour prendre vos places sur le nouveau site en cliquant sur ce lien 

Attention le jeudi la séance est à 20H00



22 Mars 1854                                                    Instituteur 

               Le conseil propose de fixer le taux de la rétribution scolaire pour l année 1854 à o 50 frs par mois pour toutes les classes                                                                                                                                            Il  a arreté le traitement fixe de l instituteur à la somme de deux cent frs                                                Ce traitement   devant etre au minimum de 600 frs le conseil s est fait présenter  le role de la rétribution  scolaire de 1853 lesquelles s elevent à la somme de 62 frs 50 ,le conseil  à alloué un supplément de traitement 162 frs 15 et 30frs pour location d une maison d école et indemnité de--  logement de l instituteur ci et 392 frs 15 laquelle somme ajoutée au montant de l indemnité  spéciale de 3 centimes au principal des 4  contributions  directs que la loi l autorise  a voter ci =75 frs 35 forme la sommede 467frs 50 . En conséquence le Département et l Etat auront  fournir 100 frs - 567 frs 50


15 Mai 1854                                                    Vote pour 1855 

rétribution scolaire à                                           0 frs 50
traitement fixe institutrice                                200 frs
le role des rétributions de 1853                          70 frs 50
le conseil alloue en supplément                        162 frs 15
indemnité de logement                                       30 frs
par suite au 3 centimes additionnels                   75 frs 35
100 frs de l Etat                                                 100 frs  _____________________________________________ 
Total                                                                 567 frs 50

En 1850, un franc-or ou franc-argent valait l'équivalent d'environ 2.53 euro en pouvoir d'achat actualisé (basé sur des études historiques comparatives de la valeur des monnaies au XIXe siècle

4 oct. 2026

18 janvier 1851 Maison d'école

Institutrice Louise Chaillet
Née à Voillans le 20 novembre 1819, décédée en 1885. Commence l’école en 1839.


M. le Maire a exposé que, depuis 12 ans, Mlle Louise Chaillet a exercé avec zèle et dévouement les fonctions d’institutrice dans la commune de Voillans, où elle est domiciliée ainsi que sa famille ; qu’elle est pourvue d’un brevet de capacité délivré le 20 août 1844 et qu’elle présente également toutes les garanties de moralité.

Jusqu’ici cependant, la position de Mlle Chaillet n’a pas été fixée.

M. le Maire propose de la nommer institutrice communale et de lui accorder un traitement sur les fonds de la commune.

Le conseil adopte à l’unanimité la proposition de M. le Maire, nomme Mlle Chaillet institutrice et lui

accorde le traitement annuel de 100 F. Elle jouira en outre du legs de 60 F que feu M. le curé Baptizet  a  fait pour aider à l’instruction des enfants des familles pauvres.

     Le conseil décide que le nombre de ces enfants qu’il désignera incessamment sera cette année de 25.

Pour les autres enfants, la rétribution sera de 0,50 F, quel que soit leur âge. La portion de bois offerte à l’institutrice sera exempte de taxe. Moyennant ces avantages faits à l’institutrice, il est convenu qu’elle continuera à s’en servir pour la classe et son habitation de la maison qui appartient à sa famille jusqu’au moment où la commune sera en mesure de se pourvoir d’une maison d’école. La commune lui donnant seulement 30 F pour cette location de salle de classe et d’indemnité de logement.


4 février 1839

  4 février 1839             Maison d’école                   

        Le Maire expose au conseil les formalités prescrites pour parvenir à l’acquisition d’une maison avec jardin pour le logement de l’instituteur et de l’institutrice, et pour les salles de classe et pour salle de mairie, de la maison du Sieur Sylvestre Guillaume, avec lequel la commune a traité par sa délibération du 14 octobre 1838 pour la somme de 3 400 F. Toutes les formalités ayant été observées, il s’agit aujourd’hui de savoir si l’intérêt de la commune est de consentir à l’acquisition de ladite maison ave jardin, aisances et dépendances, pour le prix convenu avec ledit Guillaume et la commune par la convention faite le 14 octobre 1838.

        Sur quoi le conseil municipal a délibéré qu’il est absolument nécessaire de faire cette acquisition, vu qu’il n’y a ni salle de classe, ni logement d’instituteur ni d’institutrice, et qu’il sera impossible d’en trouver par la suite, vu la population de la commune ; et que cette acquisition est très avantageuse pour la commune, vu le prix et qu’elle est placée au centre du village.

        Vu le procès-verbal des experts à la date du 7 décembre 1838, dont l’un nommé par la commune et l’autre par le vendeur, qui ont estimé ladite maison à la somme de 5 000 frs.

        Vu le procès-verbal de commodo et incommodo dressé par le commissaire désigné par M. le Sous-préfet à la date du 22 novembre 1838, d’où il résulte de l’enquête que c’est le vœu général des habitants qui désirent avoir une maison d’école.

        Considérant que l’acquisition de la maison sollicitée par la commune lui est très avantageuse, vu qu’il lui faudrait une somme de 10 000 F pour construire une maison qui n’aurait pas les mêmes avantages.

        Persiste dans sa délibération du 14 octobre 1838 et demande que la maison du sieur Sylvestre Guillaume soit acquise pour le prix de 3 400 F, avec le jardin et toutes les aisances et dépendances, laportion de terrain qu’il cède à la commune pour rélargir le chemin de la  rue du Pont ; la dite somme payable dans trois ans à dater du jour qu’il aura obtenu de Monsieur le Préfet l’autorisation de l’acquérir.

Le Conseil et le Maire de Voillans.