19 juin 2026

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Elle appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bageot », qui vivait avec sa vieille mère, Philomène Bonney, « la Philo ».
Bageot était un vieux célibataire qui tenait café. Je ne l’ai jamais vu travailler, à part dans son jardin l’été, mais je l’ai souvent entendu se plaindre. Cela nous faisait rire car, pendant que nous trimions dans les champs, lui était assis à l’ombre !

À intervalles plus ou moins réguliers, il faisait ce que les gens appelaient, en parlant de Bageot, « ses neuvaines », c’est-à-dire qu’il se soûlait en compagnie, puis continuait de boire seul, se traînant jusqu’à la cave depuis son lit. Cela durait en principe environ douze à quinze jours, pratiquement sans manger, au désespoir de sa mère.

Il finissait affalé sur son lit, cheveux et barbe hirsutes, et quand enfin il refaisait surface, complètement hagard, c’était souvent pour se plaindre de douleurs ramassées dans les tranchées en 14-18, suites de sa soulographie.

À ce stade-là, il se mettait au lait et à l’eau, et si quelqu’un lui offrait un verre de vin, il s’enfuyait comme si cela avait été de l’arsenic.
Ce régime durait en principe quelques semaines, puis, à l’occasion d’une visite, il repartait pour une autre « neuvaine » (2).

À son décès, sa mère étant elle-même morte depuis plusieurs années, la sœur de Bageot, Héloïse Kuhni, héritière, a loué la maison à un nommé Jackson, puis l’a vendue à Maria Bianchi. Depuis le décès de cette dernière, ce sont M. Caffé Patrick et Annie, son épouse, qui en sont les propriétaires.

Attenante à la maison de Bageot et lui appartenant également, se trouvait une petite maison dont le propriétaire à l’époque (env. 1910-1930) était un monsieur Noël de Baume. Je me souviens qu’elle a été utilisée tout d’abord par le fromager Kuhni lors de son arrivée à Voillans, puis occupée ensuite par Eugène Simonin, dit « Dèdet », un vieux menuisier célibataire qui dormait par terre, derrière son établi, dans un véritable nid de puces. C’est d’ailleurs là qu’il est mort.

C’était un pauvre malheureux, pas très courageux, qui aimait bien un petit coup de rouge. Il faisait office de garde champêtre et d’appariteur public, avec le tambour (2).

Il nous menaçait parfois des foudres de la loi quand nous faisions des bêtises, mais cela n’avait jamais de suite.

P.-S. de F. C. : 

(1) Une neuvaine, dans l’Église catholique, est une dévotion privée ou publique de neuf jours.

(2) C’est le tambour qui est sur la fenêtre de la mairie.

(3) Cette maison fera également l'objet d'un autre article concernant Mr.Jackson 


Auguste Trimaille dit "Bageot"
Photo Martine Sandrat

Philomène Trimaille est assise devant la fenêtre
Photo Martine Sandrat





17 juin 2026

Maison de CHAMPROY François et Maria

Maison de CHAMPROY François et Maria (mes parents)

Ma sœur et mon beau-frère.
C’est là qu’à partir de 1922 nous avons grandi, mes frères et sœurs et moi.
D’ailleurs, deux, André et Angèle, y sont nés.

(P.-S. de F. C. : je rappelle au lecteur que je recopie ce qu’a écrit C. Champroy, même ce qui est personnel.)

En 1921, quand mon père a acheté une partie de cette grande bâtisse, elle appartenait à trois propriétaires différents.

1°) La partie appelée chez « DOUBET » était en ruines. J’avais même vu s’effondrer le toit quelques années auparavant. Elle appartenait à une famille Curty (Virgile, Paul, etc.), héritiers de Claude Hème, dit Doubet.
D’après Virgile, ce dernier, à 20 ans, s’était « vendu » (1) pour faire le service militaire à la place d’un autre et avait ainsi passé deux fois sept ans (14 ans) à La Réunion.

(1) P.-S. de F. C. — En France :
Le tirage au sort pour désigner les recrues de l’armée, avec son corollaire le remplacement, est pratiqué depuis la loi sur la conscription du 19 fructidor an VI (1797-1798) et conservé jusqu’en 1889.
Les besoins militaires du Second Empire amènent une remise en question du remplacement comme institution de la société bourgeoise. L’interdiction du remplacement militaire est incluse dans la Constitution du 4 novembre 1848. Il perdure cependant jusqu’à son abolition par la loi Berteaux du 21 mars 1905.
Source : Wikipédia

Marcel et Jeanne ont cédé une partie de Doubet à leur fils Denis, qui l’a aménagée en logement de vacances. Ensuite, Denis l’a vendue à Jocelyne Dumesnil, qui l’a revendue à son tour.

2°) La deuxième partie se composait d’un corps de logis sur cave, avec cuisine, de construction relativement récente, appartenant à la veuve d’un garde forestier, Bouhelier L., et à sa fille Berthe.
Ce logement était d’ailleurs appelé chez le garde.

3°) La troisième partie, une écurie et une grange, appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bajot ». Elle servait de dépendances au café que ce dernier exploitait avec sa vieille mère, « la Philo », à quelques mètres de là.

En 1921-1922, mon père a fait reconstruire la partie Doubet pour en faire grange, écurie et caves à betteraves.

Le logement Bouhelier était alors occupé par les sœurs Cuenot, Anna et Marguerite. La première tenait une petite épicerie dans la grande pièce et la deuxième était couturière.

Entre leur départ et notre arrivée, je me souviens que les invités de la noce d’une de mes tantes avaient dansé dans la grande pièce.
Musicien : Louis Liard, à l’harmonica !

Quant à la partie n° 3, elle a été achetée par ma mère après le décès de Bajot (Auguste Trimaille) et transformée par la suite en salle à manger et garage.

Je me souviens aussi que, dans cette cuisine mitoyenne à l’écurie de Bajot ainsi que dans la grande pièce que l’on appelait « chez Binbin », nous avions été intoxiqués par du gaz que Bajot avait acheté pour gazer les renards dans leurs terriers.

(P.-S. de F. C. : cette pratique, cruelle et inefficace — c’est prouvé — était courante à l’époque. Elle est interdite depuis les années 1980-1990.)

Les récipients qui contenaient le gaz fuyaient ou n’étaient pas étanches. En tout cas, nous avions été obligés de quitter les lieux, mais il ne voulait pas l’admettre. 












13 juin 2026

 




9 juin 2026

Sous le vieux marronnier

Sous le vieux marronnier 

Il s'en est raconté des histoires, sous le vieux marronnier, à la sortie du village, en direction du Creux d’Alouette et Clerval. Beaucoup d’entre nous se souviennent encore y avoir vu certains de nos anciens, assis sous son ombre fraîche, comme à leur place, comme s’ils avaient toujours été là.

L’un était installé sur un tronc à fendre les bûches, un autre sur le siège en ferraille d’une vieille faucheuse, les autres sur un banc un peu usé par les années. Il y avait là Paul, Louis, Marcel, Robert… et bien d’autres encore, dont les voix semblent parfois résonner encore quand on passe par là.

Il faut dire que ce lieu de rassemblement venait d’un autre temps, d’une époque où, pour communiquer, il n’y avait guère que la cabine téléphonique pour presque tout le village. Alors on se retrouvait là, naturellement.

Lui aussi avait vu la très vieille maison de ferme, celle où justement était installée la cabine téléphonique depuis l’arrivée du téléphone au village. Cette maison, située de l’autre côté de la route, en face du marronnier, avait été démolie quelques années plus tôt. C’étaient les habitants de cette maison qui l’avaient planté, alors qu’il n’était qu’un rameau.

Le vieux marronnier a vu défiler et palabrer bien des anciens, il les a vus rire, discuter, se chamailler parfois… vivre, tout simplement.

On critiquait tout ! Les lois, les hommes politiques, les gens, les jeunes… tout, en général. Enfin, comme aujourd’hui. Mais ce n’était jamais bien méchant. C’était leur manière d’être ensemble, de ne pas se sentir seuls, de faire passer le temps.

Et le temps, justement, semblait s’écouler autrement sous ses branches. Les heures de leurs longues journées glissaient plus doucement, presque apaisées, sous l’ombre épaisse et fraîche du vieux marronnier. Comme si cet arbre, témoin silencieux de tant d’années, gardait en lui un peu de leurs vies, de leurs paroles, de leur présence.

Aujourd’hui encore, il suffit de s’en approcher pour avoir l’impression qu’ils ne sont jamais tout à fait partis.

Mais voilà… le pauvre marronnier, planté trop près de la route qui traverse le village, avec ses branches basses trop penchées sur la chaussée, doit aujourd’hui être amputé de celles-ci. Il faut bien permettre la construction d’une chicane, destinée à faire ralentir les véhicules et leurs conducteurs trop pressés, dangereux et inconscients.

C’est sans doute nécessaire… mais le voir ainsi raccourci, changé, fait bien comprendre que les choses ne reviennent pas en arrière. Ce qui a été vécu là reste, mais autrement.

Et même si plus personne ne s’y assoit comme avant, il suffit de passer à côté pour savoir que, là, il s’est passé quelque chose.

8 juin 2026

Vide-greniers 2026 : encore une belle réussite !

 Le vide-greniers de cette année aura été, une fois de plus, une belle réussite.

Sous un soleil généreux, chineurs, promeneurs et curieux sont venus nombreux tout au long de la journée, malgré les nombreuses manifestations similaires organisées dans les communes voisines.

Un grand merci aux exposants et aux visiteurs qui, par leur présence, ont largement contribué à ce succès.

Nos remerciements vont également aux membres du Comité des fêtes, aux conseillers municipaux, aux bénévoles et à toutes les personnes qui se sont investies sans compter pour faire de cette manifestation une réussite. Grâce à eux, tout s'est déroulé dans la bonne humeur et la convivialité.

Et si certains sont repartis avec le coffre plein d'objets improbables dont ils ignoraient l'existence le matin même, c'est bien la preuve que le vide-greniers a tenu toutes ses promesses !

Rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle édition, avec encore plus de trouvailles, de rencontres et de bonne humeur.


Photos - Judith Monnin