27 juin 2026

Parlons d'E. Jackson...

Personnage bien connu des anciens du village, E. Jackson était un homme instruit, intelligent, très cultivé et original, dont les habitudes, les raisonnements et la personnalité ont longtemps marqué la mémoire locale.

Un jour, des jeunes de Voillans se promenaient au lieu-dit le bois des Côtes lorsqu’ils le rencontrèrent. Il se balançait joyeusement au bout d’une liane, comme s’il rejouait une scène de cinéma au cœur de la forêt.
À cette époque, il semble que le bois des Côtes appartenait encore à sa famille, tout comme le bois de Combrecourt, la Râpe et les sapins avant le Creux d’Alouette.

Mon père, qui habitait la maison voisine, me racontait que E. Jackson lui avait un jour fait manger de la couleuvre — et non pas « avaler une couleuvre », au sens figuré.
Il s’agissait bien du reptile, préparé et servi par Jackson.
Mon père disait d’ailleurs qu’il avait eu bien du mal à digérer la chose, aussi bien sur le moment… que dans son souvenir.

E. Jackson consommait également beaucoup de champignons que bien des habitants du village n’auraient même pas ramassés.
Devant l’étonnement de mon père, il expliquait très sérieusement qu’il lui avait paru plus simple d’apprendre à reconnaître les champignons toxiques : selon lui, ils étaient moins nombreux que les bons, et donc plus faciles à retenir.

On m’a également raconté que E. Jackson s’était fait faire une paire de bottes en cuir à Paris.
Après les avoir essayées chez le bottier et les trouvant parfaitement à son goût, il serait reparti de la capitale… bottes aux pieds.
À l’époque, le voyage de Paris à Voillans était long et fatigant, et à l’arrivée, ses pieds et ses jambes avaient tellement enflé qu’il lui fut impossible d’enlever les fameuses bottes.
Il était alors retourné à Paris chez le bottier pour tenter de régler ce problème inattendu.
Quant à la fin de l’aventure, nul ne la connaissait vraiment : Jackson ne l’a peut-être jamais racontée jusqu’au bout, ou il a préféré en garder le secret.

Pendant la guerre de 1939-1945, Jackson revenait un jour de Clerval à bicyclette.
En arrivant vers le Creux d’Alouette, hameau de Voillans, il fut arrêté par une patrouille allemande.
Les soldats lui demandèrent ses papiers et, en lisant le nom « Jackson », crurent avoir affaire à un parachutiste anglais.
Heureusement pour lui, il ne tomba pas sur des soldats trop nerveux.
Ils le conduisirent alors auprès du maire de Voillans, Joseph Champroy, qui certifia que Jackson était bien un habitant du village, connu de tous.
Grâce à cette intervention, l’incident en resta là.

Je précise que ces anecdotes m’ont été racontées il y a plusieurs années et relèvent de la mémoire collective du village.

J’ai personnellement connu E. Jackson, lorsqu’il est passé à Voillans vers 1962-1964, accompagné de son épouse, polonaise ou d’origine polonaise.
Ils étaient venus rendre visite à mes beaux-parents.
J’étais heureux de faire sa connaissance, moi qui avais tant entendu parler de lui : c’était quelqu’un de très sympathique, ouvert, affable et bel homme également.

Je me souviens également avoir accompagné son épouse à l’écurie, à sa demande.
Elle était, me semble-t-il, vétérinaire, et intéressée par les vaches montbéliardes. 

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, il est possible de consulter Wikipédia, où l’on trouvera des informations sur la famille de Monsieur James Jackson, l’aïeul, ainsi que des éléments de généalogie concernant notre JACKSON E….., J….., W….., C….., et ses origines familiales.

22 juin 2026

Cinéma Stella de Baume les Dames : à l'affiche du 28 au 1 juillet 2026

Voici le programme du Stella pour cette nouvelle semaine cinématographique ainsi que le lien pour prendre vos places sur le nouveau site en cliquant sur ce lien 

Attention : nouvel horaire le jeudi : 20H00



Sécheresse : VIGILANCE ORANGE

 




19 juin 2026

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Maison Maria BIANCHI – aujourd’hui M. et Mme CAFFÉ

Elle appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bageot », qui vivait avec sa vieille mère, Philomène Bonney, « la Philo ».
Bageot était un vieux célibataire qui tenait café. Je ne l’ai jamais vu travailler, à part dans son jardin l’été, mais je l’ai souvent entendu se plaindre. Cela nous faisait rire car, pendant que nous trimions dans les champs, lui était assis à l’ombre !

À intervalles plus ou moins réguliers, il faisait ce que les gens appelaient, en parlant de Bageot, « ses neuvaines », c’est-à-dire qu’il se soûlait en compagnie, puis continuait de boire seul, se traînant jusqu’à la cave depuis son lit. Cela durait en principe environ douze à quinze jours, pratiquement sans manger, au désespoir de sa mère.

Il finissait affalé sur son lit, cheveux et barbe hirsutes, et quand enfin il refaisait surface, complètement hagard, c’était souvent pour se plaindre de douleurs ramassées dans les tranchées en 14-18, suites de sa soulographie.

À ce stade-là, il se mettait au lait et à l’eau, et si quelqu’un lui offrait un verre de vin, il s’enfuyait comme si cela avait été de l’arsenic.
Ce régime durait en principe quelques semaines, puis, à l’occasion d’une visite, il repartait pour une autre « neuvaine » (2).

À son décès, sa mère étant elle-même morte depuis plusieurs années, la sœur de Bageot, Héloïse Kuhni, héritière, a loué la maison à un nommé Jackson, puis l’a vendue à Maria Bianchi. Depuis le décès de cette dernière, ce sont M. Caffé Patrick et Annie, son épouse, qui en sont les propriétaires.

Attenante à la maison de Bageot et lui appartenant également, se trouvait une petite maison dont le propriétaire à l’époque (env. 1910-1930) était un monsieur Noël de Baume. Je me souviens qu’elle a été utilisée tout d’abord par le fromager Kuhni lors de son arrivée à Voillans, puis occupée ensuite par Eugène Simonin, dit « Dèdet », un vieux menuisier célibataire qui dormait par terre, derrière son établi, dans un véritable nid de puces. C’est d’ailleurs là qu’il est mort.

C’était un pauvre malheureux, pas très courageux, qui aimait bien un petit coup de rouge. Il faisait office de garde champêtre et d’appariteur public, avec le tambour (2).

Il nous menaçait parfois des foudres de la loi quand nous faisions des bêtises, mais cela n’avait jamais de suite.

P.-S. de F. C. : 

(1) Une neuvaine, dans l’Église catholique, est une dévotion privée ou publique de neuf jours.

(2) C’est le tambour qui est sur la fenêtre de la mairie.

(3) Cette maison fera également l'objet d'un autre article concernant Mr.Jackson 


Auguste Trimaille dit "Bageot"
Photo Martine Sandrat

Philomène Trimaille est assise devant la fenêtre
Photo Martine Sandrat





17 juin 2026

Maison de CHAMPROY François et Maria

Maison de CHAMPROY François et Maria (mes parents)

Ma sœur et mon beau-frère.
C’est là qu’à partir de 1922 nous avons grandi, mes frères et sœurs et moi.
D’ailleurs, deux, André et Angèle, y sont nés.

(P.-S. de F. C. : je rappelle au lecteur que je recopie ce qu’a écrit C. Champroy, même ce qui est personnel.)

En 1921, quand mon père a acheté une partie de cette grande bâtisse, elle appartenait à trois propriétaires différents.

1°) La partie appelée chez « DOUBET » était en ruines. J’avais même vu s’effondrer le toit quelques années auparavant. Elle appartenait à une famille Curty (Virgile, Paul, etc.), héritiers de Claude Hème, dit Doubet.
D’après Virgile, ce dernier, à 20 ans, s’était « vendu » (1) pour faire le service militaire à la place d’un autre et avait ainsi passé deux fois sept ans (14 ans) à La Réunion.

(1) P.-S. de F. C. — En France :
Le tirage au sort pour désigner les recrues de l’armée, avec son corollaire le remplacement, est pratiqué depuis la loi sur la conscription du 19 fructidor an VI (1797-1798) et conservé jusqu’en 1889.
Les besoins militaires du Second Empire amènent une remise en question du remplacement comme institution de la société bourgeoise. L’interdiction du remplacement militaire est incluse dans la Constitution du 4 novembre 1848. Il perdure cependant jusqu’à son abolition par la loi Berteaux du 21 mars 1905.
Source : Wikipédia

Marcel et Jeanne ont cédé une partie de Doubet à leur fils Denis, qui l’a aménagée en logement de vacances. Ensuite, Denis l’a vendue à Jocelyne Dumesnil, qui l’a revendue à son tour.

2°) La deuxième partie se composait d’un corps de logis sur cave, avec cuisine, de construction relativement récente, appartenant à la veuve d’un garde forestier, Bouhelier L., et à sa fille Berthe.
Ce logement était d’ailleurs appelé chez le garde.

3°) La troisième partie, une écurie et une grange, appartenait à Auguste Trimaille, dit « Bajot ». Elle servait de dépendances au café que ce dernier exploitait avec sa vieille mère, « la Philo », à quelques mètres de là.

En 1921-1922, mon père a fait reconstruire la partie Doubet pour en faire grange, écurie et caves à betteraves.

Le logement Bouhelier était alors occupé par les sœurs Cuenot, Anna et Marguerite. La première tenait une petite épicerie dans la grande pièce et la deuxième était couturière.

Entre leur départ et notre arrivée, je me souviens que les invités de la noce d’une de mes tantes avaient dansé dans la grande pièce.
Musicien : Louis Liard, à l’harmonica !

Quant à la partie n° 3, elle a été achetée par ma mère après le décès de Bajot (Auguste Trimaille) et transformée par la suite en salle à manger et garage.

Je me souviens aussi que, dans cette cuisine mitoyenne à l’écurie de Bajot ainsi que dans la grande pièce que l’on appelait « chez Binbin », nous avions été intoxiqués par du gaz que Bajot avait acheté pour gazer les renards dans leurs terriers.

(P.-S. de F. C. : cette pratique, cruelle et inefficace — c’est prouvé — était courante à l’époque. Elle est interdite depuis les années 1980-1990.)

Les récipients qui contenaient le gaz fuyaient ou n’étaient pas étanches. En tout cas, nous avions été obligés de quitter les lieux, mais il ne voulait pas l’admettre. 












13 juin 2026