27 août 2026

Le château

LE CHÂTEAU

(Propriété de la famille CARRIER)

Quand j’étais jeune, ce château appartenait à une « mouisarde » : mon arrière-grand-mère maternelle, Céline CORLET.
C’était vraiment encore une autre miséreuse du village, et justement ce titre de châtelaine et de « mouisarde » me paraissait incompatible et incompréhensible, mais j’étais un gamin et ne cherchais pas tellement à comprendre. Plus tard, j’ai appris que Céline, mon arrière-grand-mère, avait une fille richement mariée dont le mari avait acheté le château et qu’elle en avait hérité après le décès de ceux-ci.

Elle vivait dans les pièces du rez-de-chaussée, presque un taudis, mais avec des meubles de grande valeur. À l’époque, le château était bien délabré et les cheminées en si mauvais état que, chez elle aussi, on se voyait à peine à quelques mètres et que l’air était presque irrespirable.

Ma grand-mère Céline vivait avec son frère Émile MARSOUDET, un vieillard avec une grande barbe blanche qui marchait en s’appuyant sur de grandes béquilles en bois très grossières. Il allait de village en village, mendiant à la porte des gens. Que rapportait-il ? Je pense guère autre chose que des croûtons de pain et peut-être parfois un morceau de lard.

Après sa mort, mon arrière-grand-mère est restée seule encore bien des années. Elle avait alors plus de quatre-vingts ans. De quoi vivait-elle ? Mystère !

Dans une aile du château, à l’étage, vivait l’un de ses fils, Georges, sa femme Anna GENTET et leurs enfants Louis, Émile et Marius. Georges était un ivrogne et un fainéant qui aurait plutôt demandé que donné quelques sous à sa mère. Sa femme Anna allait aussi de maison en maison, où elle faisait ou refaisait les matelas.

Malgré cette misère, la vieille Céline a vécu jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Elle est décédée aux environs de 1927.

Le château, qui était propriété du sieur ROUXEL d’AUQUOY, seigneur de Voillans jusqu’à la Révolution de 1789, se composait, quand j’étais jeune, d’un bâtiment à étage en L, tel qu’il est encore aujourd’hui.

À quelque distance se trouvait un grand bâtiment à usage de grange, écurie, caves, dont une voûtée, comprenant un gros pressoir à cidre (pierre et vis). Tout cela était bien délabré, ainsi que la tour dans laquelle nous allions parfois jouer.

Après la mort de mon aïeule Céline, l’ensemble a été vendu en 1928 aux enchères publiques pour la somme de 25 000 francs. Il n’y a pas eu d’autres enchérisseurs que les CARRIER. Cette somme peut paraître dérisoire aujourd’hui, mais à l’époque c’était peut-être important pour les habitants du village, et ceux qui auraient pu se permettre cet achat n’étaient peut-être pas tentés par la vie de château. D’ailleurs, le grand bâtiment (château) a dû subir de grosses réparations et la grange a été rasée pour faire place à un pavillon neuf.

P.S. de F-C :
– La tour est complètement démolie.
– 25 000 francs de 1928 équivalaient à environ 18 000 euros en 2026.
– Le château n’appartient plus aux CARRIER.

26 août 2026

Maison CHAILLET Joseph et Marie-Louise

 Maison CHAILLET Joseph et Marie-Louise

(ancienne maison COINTOT)

Propriété de la famille CHAILLET, cette maison était auparavant celle d’Eugène COINTOT, de sa femme Alice et de leur fille Georgette.

Lorsque Eugène, encore célibataire, s’est installé dans cette maison, il vivait avec son vieux père et sa sœur Anaïs. Ils venaient d’être victimes d’un incendie qui avait entièrement détruit leur maison située à la sortie du village.



Maison CURTY, dite « chez Vernier »

 Maison CURTY, dite « chez Vernier       "chez Perrenot " maintenant

Ancienne maison de la famille CURTY. Jules, le père, était un homme assez renfermé. Il avait fait la guerre de 1870 contre les Prussiens et avait été fait prisonnier en Allemagne. Certains l’appelaient « le sous-off » ou « le sergot ».

Veuf, il avait huit enfants, dont plusieurs ont quitté la maison alors que j’étais encore très jeune.
L’un d’eux, Auguste, dit « Bassour », amputé d’une jambe à la suite d’un accident, marchait avec des béquilles. Taciturne lui aussi, il s’est noyé dans un trou d’eau de la Ragie-Pierrard.
Émile est mort écrasé par un train à Marseille.
Joseph, marié à Charlotte ALPHE et habitant Mandeure, a lui aussi eu une fin tragique.

Parmi les filles, Julie ; Xaverine, qui a épousé Virgile CURTY et repris la maison familiale ; Aline, mariée à MIDOT ; et Louise, mariée à Joseph TRIMAILLE, dit « Giégié » (prononcé " Diedgie" en patois de Voillans . 






25 août 2026

Maison "chez MERGUET" puis CHAILLET J.

Maison « chez MERGUET », puis CHAILLET J.

Ancienne maison de Pélagie LANOIX, une pauvre vieille dont l’esprit était profondément troublé. Dans ses rêves, ou peut-être dans ses pensées nocturnes, elle recevait la visite du préfet ou du procureur de la République.
Elle élevait quelques chèvres, peut-être aussi quelques poules et des lapins, mais cela devait lui procurer un revenu si insignifiant que, comme pour d’autres personnes de cette époque, je me suis toujours demandé de quoi elle pouvait réellement vivre.
Certains prétendaient qu’elle avait été autrefois à l’aise, mais qu’elle aurait été ruinée vers 1915 ou 1916 lors du krach des emprunts russes. Il se disait d’ailleurs que ce sont ces titres périmés qu’elle transportait toujours avec elle dans une sorte de poche ou de musette.

Pour nourrir ses chèvres, qu’elle emmenait souvent avec elle, elle récoltait du foin non pas coupé mais arraché, à l’aide d’une faux qui coupait à peine plus qu’un morceau de tôle. Il faut dire qu’elle était bâtie comme un homme. Elle faisait d’énormes ballots qu’elle transportait sur une brouette, parfois sur plusieurs kilomètres.

Ses départs de la maison donnaient lieu à un rituel immuable : elle fermait la porte à clé, faisait quelques pas, posait la brouette, puis revenait s’assurer que la porte était bien fermée et qu’il n’y avait personne à l’intérieur, en regardant par le trou de la serrure. Ce manège se répétait plusieurs fois, trois ou même quatre, en s’éloignant de plus en plus loin, parfois jusqu’à près de cent mètres.

Longtemps après son décès, la maison a été achetée et habitée par Célestin HEME, dit « Merguet », et sa femme Louise. Elle est ensuite devenue la propriété de Joseph CHAILLET, qui ne l’a jamais occupée.






24 août 2026

Cinéma Stella de Baume les Dames : à l'affiche du 25 août au 1er septembre 2026

Voici le programme du Stella pour cette nouvelle semaine cinématographique ainsi que le lien pour prendre vos places sur le nouveau site en cliquant sur ce lien 

Attention le jeudi la séance est à 20H00



Maison STREIT Roland et Béatrice

 Maison Streit Roland et Béatrice

Anciennement connue sous le nom de « chez Rigolisse », sobriquet porté par ses anciens propriétaires.
À mon époque, cette maison était habitée par la famille Lanoix, ou Lanoy.

J’y ai connu deux frères : Auguste, dit « le Noir », et son frère Paul, dont le surnom m’échappe, ainsi que leur neveu, dit « Antoine ». Il me semble aussi avoir aperçu la mère de ce dernier, « la Phanie », mais ce souvenir reste vague.

Alors que j’étais encore très jeune, la maison a été achetée par la famille Coquard, puis par Daniel Billerey, après la disparition des membres de cette famille.
C’est ce dernier qui a entrepris d’importants travaux pour l’habiter, avant de la revendre quelques années plus tard.

"Chez RIGOLISSE"
Maison STREIT