12 avr. 2012

Le Moulin de Voillans

Nous devrions dire "les moulins" car il y en a eu plusieurs.
Nous en parlerons bientôt sur ce site.

Aujourd'hui, nous présentons un premier texte pour introduire le sujet qui nous occupera comme la cloche sur plusieurs messages. Nous avons eu en effet la visite de Claude Jacquard, conservateur des musées de Baume-les-Dames qui nous a confié plusieurs documents.
Mais ce premier texte historique provient de la collection particulière que nous publions dans la rubrique "Un autre visage de Voillans". Il nous présente d'abord le moulin seigneurial ; nous retrouvons un nom que nous avons cité récemment : "Charles de Thomassin, comte de Montboillon"
(Fin du message : La Population de Voillans en 1654 - 1657 - 1666 - Plus d'infos)



Le Moulin de Voillans

Il existe un moulin à Voillans, connu de temps immémorial. Un titre d'encensement* de 1665 en fait état. En 1711, "Jean et Jean-Claude GRAS, fils et héritiers et ayants droit de Jacques GRAS munnier* à Voillans, y résident, lesquels pour eux, leurs hoirs*, successeurs et ayant cause, reconnaissent, confessent et déclarent être sujets originels, mainmortables, taillables et justiciables, en toute justice, haute, moyenne et basse, dudit seigneur de Voillans présent et stipulant et que sont lesdites seigneurie et justice ils la tiennent de ladite condition mainmortable, ensuite de l'encensement autrefois fait par lettre du sixième janvier de l'an mil six cent soixante cinq, reçu et signé de JOUILLAIN notaire, fait à Girard GRAS leur aïeul par honorable Jacques JACQUINOT au nom et comme ayant charge de messire Charles de THOMASSIN baron de Montboillon et de dame Eugénie de PIERREFONTAINE sa femme et compagne, lesquels seigneur et dame dudit Voillans qui l'avaient ratifié par acte du vingt et un desdits mois et an, reçu et signé de Jean-Jacques MIRE de Quingey, notaire, lesdits mieux, moulins, maison, ferme et héritage cy après déclarés fait au village et finage dudit Voillans. Savoir les moulins dudit Voillans ensemble le cours d'eau fluente parmi le village dudit lieu avec les jardins et enclos y joignant appelés communément les moulins Boussant …."
En 1809, il y a deux moulins à farine au village.

Isidore PAUTHIER, né à Guillon le 30 Pluviôse an 7 (1799); meinier, réside à Voillans en 1823.
Séraphin JEANNIN, né le 11 mars 1880 à Voillans, est meunier depuis le 15 septembre 1923.
Collection particulière






Moulin Jeannin-Cour et ruines de l'ancienne scierie.

* titre d'encensement (ou acensement - ascensement) : acte entre deux bailleurs. Droit de percevoir les taxes (cens) liées à l'utilisation du moulin. Littré : Terme d'anciennes coutumes : action de donner à cens. 
Pourquoi l'orthographe "encensement" ? 
Un ami historien nous précise : "Le terme accensement est le plus approprié pour nos oreilles modernisées. Mais à l'époque, un clerc de notaire qui écrit sous la dictée du notaire retranscrit, alors que l'orthographe n'est pas encore définie, ce qu'il croit entendre de la part du notaire qui devait avoir un bon accent local... "
* munnier : autre écriture de meunier comme "meinier" à la fin du texte.
* hoirs : pluriel : mot de jurisprudence qui signifie "succession" en ligne directe.


Miroir - 6 avril 2012 - M. Sandrat

11 avr. 2012

"La Dorlette" Maison Prost

Nous préparons avec le concours de François  Champroy une liste de quelques sobriquets en usage dans le village au siècle dernier.
François nous propose aujourd'hui une racontote : "La Dorlette" qui se situe au début du XXème siècle et qui justement utilise le surnom de la personne concernée.

La Dorlette



Une histoire amusante que m’a racontée mon père  et qui se passe dans les années 1916 - 1920.
La maison PROBST Emile, aujourd’hui disparue, était située près du pont de la station de pompage côté propriété BOUFFIER. Elle baignait pour ainsi dire dans le ruisseau.


Emplacement de l'ancienne Fromagerie Probst - Rue du Château

Le propriétaire était un fromager de nationalité suisse marié à «la Jeanne» ... que l’on appelait «La Dorlette». A ce moment-là il y avait trois fromageries à Voillans : PROBST, KUHNI et Célestin HEME «Merguet». Les PROBST tenaient en même temps café, épicerie, jeu de quilles et faisaient même danser les jeunes de l’époque avec un vieux phonographe muni d’un énorme pavillon de couleur bleue.
Charrette de tire
Ils possédaient deux énormes chiens «Castor et Pollux». 
PROBST fabriquait des petits fromages genre Camembert et du beurre que La Dorlette allait livrer ou expédier à BAUME. 


Elle avait pour ce faire, une grosse charrette à quatre roues surmontée d’une plate-forme sur laquelle elle entassait ses caisses d’emballage. Elle y attelait Castor et Pollux, prenait place dessus et, Fouette cocher,   ça démarrait sur les chapeaux de roues. 
En revenant à vide elle descendait la côte de Champray à fond de train, mais un jour l’équipage rata le dernier virage du bas et La Dorlette se retrouva dans les épines avec Castor et Pollux, la charrette et les emballages vides.


Dernier virage de la Côte de Champraye
Comme c’était une petite mais forte femme  qui devait peser peut être 100 kilos, elle  eut bien du mal pour sortir de là. De cette époque à nos jours ce fameux dernier virage en a vu bien d’autres dans les choux ou les épines.





Un lien intéressant pour les charrettes de tire en Suisse.
(Emile Probst était d'origine suisse)
Belles images d'attelages canins.



Et nous avons des nouvelles des Oreilles Baladeuses toujours en Turquie.
Message passionnant comme d'habitude !




9 avr. 2012

La petite cloche - son origine

Ainsi que nous l'avons annoncé hier nous présentons un extrait du texte de Paul Druot.
(Société d'Emulation de Besançon 1902) cité dans la "Collection Particulière" dont nous publions des éléments dans notre série "Un autre visage de Voillans".




Les cloches anciennes sont rares en Franche-Comté en raison des désastres nombreux que notre pays eu à subir.

Une des plus anciennes peut être dans tout le diocèse de Besançon se trouve actuellement dans la tour de l’église succursale de Voillans. Cette cloche avait été faite pour l’abbaye de Baume les Dames, voici dans quelles circonstances : A la suite de la bataille d’Héricourt, le 13 novembre 1474, la Comté avait eu cruellement à souffrir des conséquences de la défaite des troupes de Charles-le-Téméraire. Les alliés, Alsaciens, Autrichiens et Suisses, excités par Louis XI contre le duc de Bourgogne, se répandirent à travers le pays. Ils prenaient et pillaient Blamont, Pont-de-Roide, L’Isle-sur-le-Doubs, Granges, Grammont, Clerval ; ils incendiaient et saccageaient tous les villages qu’ils traversaient. Baume n’échappa pas à la ruine. Un diplôme de Charles-Quint conservé aux archives municipales de cette ville, nous apprend en effet que « Baulme-sur-le-Doubs fut prinse, brullée et saccagée par les ennemys, désolée et inhabitée ». les cloches de ces pays furent prises ou brisées pour être employées à la fabrication d’engins de guerre. Et s’il en échappa quelques-unes à ces actes de vandalisme, ces dernières furent vouées néanmoins à la destruction. Moins de deux ans après, le 2 mars 1476, Charles-le-Téméraire subissait à Granson une nouvelle défaite qui le plongea dans une cruel abattement mais le désir de la vengeance ne tarda pas à faire succéder en lui une activité furieuse. Il ne songea plus qu’à reformer une nouvelle armée ; il n’avait plus d’artillerie. Il fit fondre le reste des cloches des églises du pays de Vaud et de la Comté pour en forger des canons, et ordonna même de rechercher dans les maisons de ses sujets les métaux propres à la guerre. Saccagée d’un côté par les alliés de Louis XI, dépouillée par Charles-le-Téméraire, l’abbaye de Baume-les-Dames profitant d’un moment d’accalmie après tant de désastres et la mort du roi de France (1483), fit faire sous le pontificat de noble dame Alix de MONTMARTIN, abbesse du 11 mars 1477 au 11 décembre 1485, deux cloches dont les inventaires de ladite abbaye nous signalent l’existence. Toutes deux, y est-il dit, étaient aux armes de MONTMARTIN, la plus grosse pesant 2 000 livres, la plus petite environ 1 200. C’est assurément cette dernière que possède l’église de Voillans, car elle répond en tout point à cette double indication et porte des marques indéniables de son ancienneté. 
Source : Collection particulière.


Prochainement la description détaillée de cette cloche.


Signalons la présentation d'une très ancienne cloche voisine : 
celle de Santoche sur le Portail de Clerval.

8 avr. 2012

Les cloches

Tout le monde au village sait que le clocher de l'église possède sinon la plus ancienne du moins l'une des plus anciennes cloches de la région.
Il est temps que nous en parlions un peu sur notre site ... d'autant que la tradition populaire autour de Pâques raconte aux enfants que les cloches partent à Rome ... (On les arrête du jeudi soir au matin de Pâques).

Voilà l'occasion !

Le clocher de Voillans  possède deux cloches mais sans conteste la plus intéressante est la petite qui date de 1484 et qui est classée Monument Historique depuis le 6 décembre 1908. Elle est présentée dans notre page histoire et dans notre page anglaise mais sans détail. En voici en plusieurs messages !

Le clocher en 1908

Plusieurs textes en effet décrivent cette cloche. Nous les publierons par étape car ils sont longs et très documentés. Ils partent tous du travail de recherche qu'a produit l'abbé Paul Druot, curé de Voillans entre  1896 et 1908. Intellectuel et historien, il était membre de la Société d'Emulation de Besançon et c'est dans le cadre de celle-ci qu'il publie un article très fourni sur la cloche de 1484. Premier extrait, demain, lundi de Pâques.




Aujourd'hui signalons que cette petite cloche est celle qui sonne trois fois par jour l'Angélus.
Sept heures le matin - Midi - Dix-neuf heures le soir.

A midi les douze coups sont donnés par la grosse cloche et suivis de cette sonnerie de l'Angélus à la volée par la cloche de 1484. Voici une vidéo de cette sonnerie que nous proposons surtout pour les personnes qui sont loin du village et qui auront plaisir à retrouver l'ambiance de midi à Voillans.




7 avr. 2012

Décès

Les cloches ont sonné vers 16 heures ce samedi 7 avril 2012

Nous venons en effet d'apprendre le décès de M. Christian PAIN
Rue du Moulin à Voillans.