31 août 2014

Lundi 31 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :



   "Je viens de recevoir ton premier colis : la petite boîte avec tout ce qu'elle contient, en bon état ; l'autre suivra bien certainement ; si tu peux, de temps à autre, m'adresser un petit envoi, cela me fera le plus vif plaisir, car ici il est impossible de sortir, et, d'ailleurs le pourrait-on, que ce serait la même chose, car les épiciers et autres marchands de comestibles n'ont plus rien ...
   ... Ne sois pas triste, ma chère petite, nous ne sommes pas malheureux ici et j'espère bien te revoir. Si la séparation est un peu plus longue qu'on ne l'avait pensé tout d'abord, tant pis ; l'essentiel avant tout est de sauver la France, et personne, j'en suis sûr, ne faillira à son devoir. Chaque jour qu'on gagne accentue la gêne ennemie : encore un peu et il faudra bien, devant la menace russe, qu'ils reculent en Belgique. Ce sera pour eux le commencement de la fin. Espérons en ce jour, de toute la force de nos coeurs."

30 août 2014

Verdun, dimanche 30 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   "Hier je t'ai envoyé une lettre et une carte, cette dernière sans indications de lieu d'origine ni rien : ainsi, elle a pu partir le soir, tandis que les lettres attendent 5 jours avant de vous parvenir. Que dis-je, avant de vous être expédiées. Ceci pour des raisons sans doute très justes et que nous n'avons pas à approfondir ...
   ... Dès que ton envoi me sera parvenu, je pourrai narguer les fayots les plus récalcitrants et la bidoche la plus dure. Au demeurant, notre nourriture ici, si elle n'est pas compliquée, reste abondante et saine : nous avons du vin à tous les repas ; du café, quelques fois du chocolat le matin, que Maître Raveton, avoué de l'Académie Goncourt, et sergent à la même compagnie que moi, excellent garçon, vient préparer de temps en temps avec la gravité qu'un avoué important peut mettre à cette non moins importante besogne.
   Je crois bien, mon cher petit, que je vais être obligé d'écourter ma lettre ; il faut que je reconduise de nouveau une corvée, et ce n'est pas drôle du tout ; je préférerais aller au feu qu'aux puces, mais on ne choisit pas et l'on obéit.
   Il est probable que d'ici quelques jours, nous irons, soit occuper des tranchées, soit renforcer en avant la garnison des forts ; toutes les précautions sont prises, et je ne courrai pas plus de risques là que dans la cour du quartier. Au demeurant, je saurai être, comme tout bon chasseur, audacieux et prudent à la fois.

29 août 2014

Message aux Conseillers et à la population

 Mesdames et Messieurs les Conseillers


Nous nous étions engagés à fabriquer le bois de Colette Piguet.

Je vous donne donc rendez-vous samedi 30/08/2014 à partir de 8 heures au bois de Bermont.

Pour vous y rendre prenez le chemin de la cabane de chasse et tournez à gauche 100 mètres avant celle-ci puis continuez sur environ 300 mètres et là nous nous partagerons les tâches.
 Pour tous renseignements vous pouvez me joindre au 03 81 84 34 60.

Tous les bénévoles seront les bienvenus.

Merci à vous.

ALAIN PAUTHIER



NDLR : Pour ceux qui ne connaissent pas le bois de Bermont voir : Le Tour par Les Planchottes

Cigognes et Colchiques

L'hiver va revenir ! Des cigognes sont passées récemment à Autechaux et quelques-unes hier soir à Chaillon près des Planchottes.



Photos F.G.



Et puis les premières colchiques sont apparues au Creux d'Alouette

Photo M.S.


Verdun, samedi 29 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   " ... Je voudrais tant te savoir rassurée. Il est probable que, quelques temps encore, et peut être pendant toute la durée de la campagne, nous resterons ici pour assurer la défense de Verdun. Nous aurons probablement de petits engagements à soutenir, mais nous aurons toujours à côté de nous pour nous protéger les puissants canons des forts. Hier, et avant-hier, les compagnies actives de nos régiments ont culbuté les Allemands dans la plaine de la Woëvre, après leur avoir infligé des pertes considérables. La situation générale paraît très bonne, d'autant que les Russes qui avancent toujours vont assurer la défaite de l'ennemi.
   Je suis complètement remis de mon indisposition et aussi bien portant que possible ; aujourd'hui, nous avons pris le sac par une chaleur de plomb. Ce soir, nous sommes de piquet, prêts à sauter sur nos flingots au premier signal. Ce n'est pas que nous risquons grand-chose, mais il se pourrait qu'un groupe de cavalerie ennemie réussît par surprise à franchir les lignes, et cherchât à venir mettre le feu aux faubourgs de Verdun pour semer la panique.
   Pour être prêt à toute éventualité, chacune à son tour, les compagnies veillent ; hier on a cueilli aux environs du fort de Chagny une patrouille de cavalerie allemande. Quatre hommes, qui en faisaient partie, ont été occis, et l'officier qui la commandait blessé et éclopé. Nous leur mijotons, paraît-il, un petit tour qui ne sera pas dans un sac ...
   Un de mes hommes a disparu : c'était l'ordonnance du lieutenant. Il était sorti hier pour promener son cheval, et aujourd'hui à midi, personne ne l'avait encore revu. Une patrouille envoyée à sa recherche est revenue sans l'avoir retrouvé. Imprudence sans doute, il a dû aller trop loin et s'est fait pincer.
    Au milieu de tout ceci la note gaie : une section du 166e, voyant vaguement dans la nuit des formes s'avancer au coin d'un bois, a tiré, et a tué une demi-douzaine de vaches qui paissaient.
   Autre chose. Les Allemands ont une trouille terrible des turcos et des troupes noires. deux compagnies de chasseurs ont cru bon de se barbouiller la figure de suie avant le combat. Après avoir avancé au moment propice elles se sont levées et ont chargé à la baïonnette en hurlant, effroyablement. Les Allemands n'ont pas demandé leur reste et, sans même tirer, ils ont tourné bride et fichu le camp au triple galop.
   J'en passe certainement et d'excellentes.

27 août 2014

Silent Party

Une soirée originale à l'abbaye de Baume-les-Dames


Vendredi 29 août - Abbaye Silent Party, à partir de 20h30
Tarif unique 5€, gratuit jusqu'à 12 ans

C'est une expérience unique. Des Dj's et des lumières dans un silence abbatial, et le son ... SUR VOS OREILLES ! Il est là le secret de la soirée, vous dansez en toute liberté avec un casque sans fil, le choix entre trois Dj's ... le tout sans être obligé d'hurler pour discuter avec vos proches. Bref, une expérience unique !

Buvette sur place.



Verdun, jeudi 27 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :


   ... " De forteresse, notre régiment deviendrait régiment de marche ; en tout cas, quelques compagnies, mais pas la mienne, ont déjà écopé légèrement, très légèrement. La plus grosse perte est le colonel tué, comme je te l'ai raconté hier, sur une tranchée, par imprudence.
   Le moral un peu abattu redevient solide. Le 15e corps qui avait reculé à Laneuville s'est ressaisi, et a racheté sa défaillance momentanée en prenant une offensive vigoureuse. Quant aux artilleurs dont je t'ai parlé et qui, sans combattre, avaient abandonné leurs pièces, il est à croire qu'ils ne seront pas tentés de recommencer. Leurs capitaines et deux lieutenants, traduits en Conseil de Guerre, ont été fusillés pour abandon de leur poste devant l'ennemi. C'est juste, c'est nécessaire. Dure nécessité, mais tant pis. La France avant tout.
   Etain, petit chef-lieu de canton à 17 kilomètres de Verdun, a été partiellement brûlé. Dans les villages plus avancés vers la frontière, ils se sont livrés à des atrocités sans nom. J'ai vu, ce matin, des jeunes soldats appelés, qui m'ont dit que dans leur village 63 personnes, femmes et enfants, ont été assommées, le reste a fui en désordre gagnant Verdun dans des charrettes, emportant quelques hardes emmenant une vache ou deux.
   Le pays est déblayé depuis, par le 131e, le 165e et le 166e et aujourd'hui ces pauvres gens regagnent leurs villages. J'en ai vu un long convoi défiler. Que c'était triste ! Derrière de vieux chevaux (les bons ayant été réquisitionnés) venaient des voitures à échelles et à planches où des gosses et de vieilles femmes emmitouflées se tenaient sans larme d'avoir trop pleuré déjà, sans doute, toute face contractée en un masque tragique de douleur concentrée et muette. Des adolescents suivaient. Des vieux plus placides et graves marchaient à côté, et les vaches attachées par leurs longes meuglaient longuement, ne comprenant rien sans doute à cet exode désolant.
   Ah ! si nous sommes victorieux ; les misérables ! Ils paieront cher nos morts et nos villages incendiés et nos blessés achevés et toutes leurs atrocités.
   Nous ne les achevons pas, nous, et nous ne tirons pas sur les ambulances comme ces bandits qui assassinent nos médecins au moment où ils les soignent.
   Mon bon petit Riquet, voilà bien des choses terribles ; mais n'y pense pas trop pour ne voir que le résultat final et espérer mon retour.

26 août 2014

Mante religieuse

Voilà un insecte que l'on peut bien sûr observer à Voillans.
Tout le monde sait que la femelle dévore le mâle après l'accouplement ... du moins c'est ce que l'on prétend.
Cc n'est pas aussi simple !


La mante a une très bonne vue. Elle peut tourner la tête dans toutes les directions sans bouger son corps.
Elle possède aussi deux paires d'ailes qu'elle ouvre en éventail.
Elle possède trois paires de pattes, mais elle reste la plupart du temps immobile, les pattes avant repliées, comme en prière. C'est de là que lui vient son nom de religieuse.

Le première paire de pattes lui sert à capturer ses proies, et les deux autres lui servent à marcher.
L'accouplement se produit à la fin de l'été, donc en ce moment. La femelle produit une substance gluante qui durcit à l'air. C'est avec cette substance qu'elle prépare l'endroit où elle pondra ses oeufs qui seront ainsi protégés et passeront l'hiver à l'abri, pour enfin naître au printemps. la femelle peut pondre un millier d'oeufs et elle mourra quelques semaines plus tard.


Après l'accouplement

Comme nous l'avons rappelé d'entrée : "Tout le monde sait que la femelle dévore le mâle après l'accouplement" ... cette affirmation est en réalité - partiellement - une idée reçue !
C'est vrai cependant : parfois la femelle mange le mâle pendant l'accouplement. Elle commence par la tête pendant que le corps du mâle continue à s'accoupler ! Mais ce n'est pas systématique. En effet si la femelle n'a pas faim, elle ne le mangera pas. Mais si elle a faim, le mâle est une proie facile car il est plus petit que la femelle et par conséquent à portée de ses pattes ravisseuses ... c'est trop tentant ! Il arrive que deux femelles qui se rencontrent se battent et se dévorent. Les insectes prédateurs sont en effet souvent cannibales.
Mais les mantes ne sont pas les seules à manger leurs mâles. D'autres insectes prédateurs sont tentés lorsque les mâles sont plus petits. C'est ainsi le cas chez les araignées : les mâles se méfient terriblement des femelles et partent à toute vitesse dès que l'accouplement est terminé !


P.S. Toutes les photos publiées sur la nature ont été prises sur la commune de Voillans.


Mercredi 26 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   " ... notre régiment est sur les lignes depuis avant-hier, et, bien qu'il n'ait pas encore pris au feu une part active, il se pourrait qu'avant peu il devienne nécessaire de combler les vides.
   Il paraît que notre colonel a été tué, hier, d'une balle à l'oeil. Une imprudence ! Cet homme était intrépidement brave. Nos soldats se trouvaient dans les tranchées bien abritées, prêts à une défensive vigoureuse. Il y est venu et aurait pu se contenter comme eux d'observer sans être vu. Froid, calme et grave, il a monté sur la tranchée, il a pris sa lorgnette pour examiner le terrain en avant. Le résultat ne s'est pas fait attendre, et bientôt le vieux brave a été allongé raide à côté de ses hommes.
   Evidemment, ce n'est qu'un des mille et un incidents de cette terrible campagne et devant l'ensemble cela ne doit pas compter.
   Nous avons eu ce matin des nouvelles de Paris. Un numéro du "Matin" d'hier est parvenu je ne sais trop comment, et nous l'avons dévoré. Nous savions déjà à peu près ces choses-là. Je vois que Paris est renseigné comme nous : par conséquent, je ne puis te donner que des anecdotes que nous ont contées les blessés que nous recevons.
   En général, leurs blessures, même graves, ne mettent jamais leurs jours en danger. On est occis raide, et alors on ne souffre pas, ou bien on est quitte pour une balle dans la patte ou dans le bras qui vous immobilise.
   J'ai envie d'acheter ici un petit browning, car si j'étais blessé et qu'un boche vienne pour m'achever, j'aimerais assez lui brûler la gueule avant de mourir. Envoie-moi dans une lettre recommandée un billet de 50 francs ou mieux un mandat télégraphique dont tu garderas soigneusement le talon au cas où il ne m'arriverait pas. Au demeurant, envoie-moi 100 francs, car si nous restons encore quelque temps j'entamerai forcément ma petite réserve d'or que je voudrais conserver intacte pour entrer en campagne".

24 août 2014

Lundi 24 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   "Hier, toute la journée, le canon a tonné. Il y a eu, à 15 ou 20 kilomètres en avant de nous, un engagement assez sérieux, et, hier soir et toute la nuit, jusqu'à deux heures du matin, ça a été une arrivée ininterrompue de blessés.
   Quel triste spectacle ! et pourtant bien réconfortant.
   Ils avaient devant eux des forces dix fois supérieures, et ont dû reculer légèrement, hachés par les mitrailleuses, après avoir chargé à la baïonnette sur des fausses tranchées garnies de silhouettes avec des casques à pointe.
   J'ai causé longuement avec quelques-uns ; de tout jeunes gens, presque des gosses. Ils ont vu tomber leurs camarades, ils ont vu la mitraille faire des trous à côté d'eux, ils sont tombés et ne demandant qu'une chose : guérir vite pour repartir. Vraiment, devant tant de calme simplicité et de naturel héroïsme, nous étions vaguement honteux, mes camarades et moi, de n'avoir pas été de l'affaire. Notre tour viendra. Mais vraiment, c'est une question de chance uniquement. L'un d'eux me disait : c'est drôle, je voyais tous mes camarades tomber, j'entendais siffler les balles et cracher la mitrailleuse, et je n'ai rien reçu. Un autre tombé avec une balle au mollet et des éclats d'obus à la figure dit avoir vu des sous-officiers allemands achever des blessés à coups de revolver.
   Quelles canailles et quelles brutes ! Dans les villages en avant de nous qu'ils ont réussi à réoccuper, ils ont tout brûlé, pendu les jeunes gens de 16 à 17 ans, égorgé les femmes ; on disait même qu'ils avaient arraché le sein à une jeune mère qu'ils voulaient obliger à tuer son enfant de ses propres mains.
   On comprend l'exaspération et la rage de ceux qui d'assez près ont pu assister à ces actes de férocité et combien il sera difficile aux gradés de les rappeler aux sentiments d'humanité envers eux s'ils sont vaincus ...
   Rien n'est respecté par les Prussiens - car on dit que les Bavarois et les Saxons ne sont point inhumains. Les ambulances, ils y mettent le feu ; les vieillards, les femmes, les enfants, cela ne compte pas ; ils ont conscience vraiment que tout est fichu pour eux, s'ils ne sortent pas victorieux de l'épreuve, et comme ils sentent la partie sinon perdue, du moins très mauvaise, ils usent de tout. Mais cela ne leur portera pas bonheur ! Il est nécessaire, il est urgent de détruire jusqu'à la dernière pierre et jusqu'au dernier individu cette race de vipères qu'est la race prussienne ; l'avenir de l'Europe et du monde dépend de cette destruction. Nous ne faillirons pas à cette tâche.
   Les Russes avancent, paraît-il, à grands pas. Encore quelques jours et nous verrons de grandes choses ; du moins, je veux l'espérer, car il est impossible que la France et la Civilisation humaine soient anéanties par des hordes, si bien organisées soient-elles, de misérables, sans coeur et sans âme ... "
   

23 août 2014

Linaire commune

Voici une très jolie petite plante que l'on peut apercevoir au bord des routes ... sauf après un dérasement d'accotements !
Mais il reste les chemins communaux et les sentiers ...


La linaire commune ou "sauvage" est une plante vivace dont la floraison s'étale de juin à octobre.
"Linaria vulgaris" est particulièrement diversifiée dans les pays d'Asie occidentale et méditerranéens.
Prisée pour ses fleurs décoratives elle a été également plantée dans les jardins et s'est ainsi répandue dans l'intérieur des terres.


Ses vertus thérapeutiques sont connues depuis longtemps.

22 août 2014

22 août 1914



Le jour le plus sanglant de l'histoire de l'armée française.
évoqué par Le Figaro.


En savoir plus :

France 24

Et :  Remarquables images d'époque (Site Hommage à François Louchart)

Arasement d'accotements

C'est l'autre dénomination pour "Dérasement d'accotements" ... on dit encore "délignement d'accotements".



Il s'agit d'enlever la terre en excès sur la partie surélevée de l'accotement pour araser celui-ci au niveau de la chaussée, en pente vers l'extérieur de celle-ci.

Le dérasement d'accotement a trois objectifs :


  • améliorer l'assainissement de la route en facilitant l'écoulement transversal des eaux de pluie.
  • supprimer, pour l'automobiliste, un obstacle longitudinal surélevé et continu.
  • faciliter les opérations ultérieures (fauchage, déneigement en particulier).

video

Actuellement les techniciens du Conseil Général commanditaire de ces travaux interviennent au Creux d'Alouette, l'un des lieux-dits de la commune.



En quittant le pont de l'autoroute, près du collecteur de verre, un acqueduc  encombré depuis un certain temps par les herbes a été dégagé et assaini à cette occasion.









La partie de la D 271 qui rejoint Autechaux est déjà traitée.




21 août 2014

Dérasement d'accotements

Ballet incessant de camions dans le village :  route de Clerval, rue des Cossards, rue de la fromagerie, enfin rue du château, ces jours derniers ...



Ce sont les employés du Conseil Général qui procèdent au dérasement des accotements.




Présentation de ce travail demain sur ce site !


Coronille bigarrée

Et voici de la couleur.


La nature à Voillans est riche de multiples fleurs !

"Coronilla varia" se rencontre dans toute la France sauf dans les régions du nord et dans le midi. En Franche Comté elle est bien présente donc dans notre village.
C'est en fait une plante commune des prés ou des terrains vagues ; on peut la trouver aussi dans les bois et coteaux pierreux.
Elle était jadis cultivée comme fourrage. Aujourd'hui elle sert parfois de fleur ornementale dans les jardins et comme couvre-sol dans les talus d'autoroute.






20 août 2014

Jeudi 20 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :



   " Rien d'autre dans notre situation actuelle. Nous sommes toujours à Verdun, et si cela continue, il est à prévoir que nous serons plus exposés à la dysenterie et aux microbes qu'aux balles allemandes.
T'avouerai-je que cela m'ennuie un peu. Rien n'est plus énervant que l'existence que nous menons : toujours prêts à partir et toujours rester. Je sais bien que tu seras contente de me savoir ici, en sureté, derrière la large et puissante ceinture de forts qui nous protège. Tout de même, secrètement, ce n'est pas ce que nous avions rêvé, mes camarades et moi. Nous comptions être des premiers à la frontière. Je commence à penser que si nous avançons en Allemagne, comme bien j'espère, ce ne sera pas comme troupes d'occupation, et que le gros de la besogne aura été accompli par les gars de l'active et les premières troupes de la réserve. Rassure-toi donc, ma chérie, tu as de fortes chances de me revoir en bon état surtout si cela persiste ..."

19 août 2014

Cabaret des oiseaux

Voici une plante qui a presque disparu de nos jours. On peut encore la trouver à Voillans heureusement.
Il s'agit de la Cardère Sauvage aussi nommée "Cabaret des Oiseaux", Dipsacus fullonum pour les scientifiques. Elle était cultivée intensément au XIXème siècle.


Sa tige anguleuse porte de gros capitules ovoïdes, entourés d'une collerette aisément reconnaissable.
Ce sont ces capitules secs qui, dit-on, étaient enfilés sur des supports métalliques et utilisés pour carder les draps de laine et le feutre servant à confectionner les manteaux de luxe et les uniformes ou encore les tapis de billard. 
Cette plante fleurit de juillet à septembre.

18 août 2014

Mardi 18 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   " A l'heure actuelle la grande bataille doit être engagée et notre régiment qui, si les Allemands avaient réussi l'attaque brusquée qu'ils préméditaient, auraient été sans doute des premiers à recevoir les coups, se trouve par la marche des évènements en arrière de l'action, ce qui retarde l'heure à laquelle "nous entrerons dans la carrière".
   Quand les autres n'y seront plus, notre tour commencera, et il est à présumer que ce sera peut être moins rude qu'au début, les ennemis se trouvant déjà sans doute démoralisés et épuisés.
   Cette bataille sera probablement unique dans les annales du temps, et je ne voudrais pas ne pas y prendre part. J'ai la plus vive foi dans mon étoile. 
   Aller au feu n'est pas si terrible. J'ai vu des camarades qui en sont revenus : il leur semblait vraiment qu'ils ne faisaient rien d'autre que ce qu'ils avaient déjà réalisé au cours des manoeuvres. Et puis, la vie que nous menons ici avec les corvées exténuantes et son attente énervante est moins agréable sans doute que l'existence que doivent vivre ceux qui sont dans les tranchées ou aux avant-postes.
   Verdun est une jolie ville, fort vieille et fort coquette. Les maisons qui sont sur la Meuse font penser à Ornans, et, de leurs fenêtres, les riverains peuvent pêcher à la ligne. Voilà qui devrait faire la joie du papa Duboz 1.

- 1 Beau-père de Pergaud.

17 août 2014

17 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   "... Ici, à Jardinfontaine, les ordres se succèdent avec une foudroyante rapidité. Après avoir pensé partir, puis reçu l'ordre de rester, on vient à nouveau de recevoir l'ordre de se tenir prêts à partir, le sac bouclé, l'équipement monté et un repas froid dans la musette ...
   ... Avant-hier, en ramenant au quartier mes quarante poilus avec qui j'avais déchargé des wagons de foin, j'ai trouvé un fer à cheval à sept trous, que j'ai précieusement ramassé, comme "Vise lou Bû" partant en guerre, et que j'ai rapporté à la main, ne pouvant le passer comme ce digne compatriote, dans la "bande de ma gargasse" 1. Il pleuvait d'ailleurs à verse, et il est impossible de te dire la hauteur de boue qui salit les routes. Ce n'est pas étonnant après les flots de poussière qui roulaient derrière les autos et les caissons en marche. C'est devant nos fenêtres un incessant défilé de convois de troupes. Des blessés et des prisonniers reviennent chaque jour, et, chaque jour, revient un canard enjolivé de fantaisie. Hier, c'était celui-ci : un régiment prussien cerné, dans une forêt, refusait de se rendre. On allait foutre le feu. Et un loustic ajoutait : après l'avoir arrosé de pétrole.
   Je regrette de n'avoir pu, au jour le jour, noter tous les bruits. J'en oublierai certainement et des plus drôles. Mais souvent la fatigue est si forte qu'il est impossible de songer à prendre la plume ou le crayon."

1. La ceinture de ma culotte : Allusion à un vieux récit patois autrefois très populaire dans le haut Jura est recueilli par Max Buchon dans ses Noëls et Chants populaires de la Franche-Comté (Salins, Librairie Billet et Duvernois, 1863). Louis Pergaud lui avait, sous les auspices des Francs-Comtois à Paris, consacré une conférence le 7 décembre 1913. "C'est, disait-il, l'histoire du naïf guerrier Vise lou Bû, né natif de Chapelle-des-Bois et qui dut s'illustrer dans quelques campagnes du règne de Louis XV. A une bravoure incontestée, Vise lou Bû dont le nom signifie "Regarde le Taureau", allie une naïveté charmante qui n'est toutefois pas dépourvue d'une certaine malice".

16 août 2014

Un soir de 15 août

La Levée de Jules César samedi soir vers 20 heures.


15 août 2014

15 août 1914

La veille,  Louis Pergaud écrivait à son épouse :
   "Je crois que cela va bien et nous attendons sans appréhension aucune le moment d'entrer dans la danse.
...
    Dernière heure : nous sommes désignés tous, sauf les invalides, pour quitter Jardinfontaine. D'un jour à l'autre nous nous attendons à avancer ainsi que je te l'ai dit plus haut."


Jardinfontaine, 14 août 1014



Le 15 août il écrit à la même :
   " ... Je suis dans une caserne à l'heure actuelle, bien couché, bien nourri. J'occupe avec deux camarades une petite chambre tout à fait agréable avec vue superbe sur les champs ; des couchers de soleil magnifiques nous sont offerts gratuitement et nous avons également le défilé des troupes sur les routes voisines pour égayer nos yeux quand nous sommes chez nous. Malheureusement, nous n'y sommes pas pour toujours et cette nuit j'ai été réveillé à 2 heures du matin pour conduire une corvée à 8 kilomètres d'ici, à Chevert.
   Nous rentrons pour la soupe que l'on mange de bon appétit, comme tu peux le penser, d'autant que l'ordinaire ne se réduit plus au riz et aux haricots et nous avons des pommes de terre, des carottes et des choux.
   Nous buvons du vin et je gagne par jour 0 fr. 72, tous frais de nourriture déduits. 
Mince de  journées !
   Je  me suis acheté divers accessoires de toilette ou autre objets utiles : une paire d'espadrilles pour me délasser les pieds, des lunettes noires pour les marches sur les routes poussiéreuses, une cravate toute faite, etc.
   La vie, somme toute, n'est pas pénible ; elle est même des plus confortables ..."

Samedi 15 août 1914






C'est aussi aujourd'hui la Commémoration du Débarquement en Provence lors de la deuxième guerre mondiale

14 août 2014

13 août 2014

Liseron des haies

On rencontre très fréquemment, et un peu partout à Voillans, cette plante qui est considérée comme une mauvaise herbe.
C'est vrai qu'elle est souvent envahissante tout en ne manquant pas de charme.


D'une étonnante vitalité cette plante grimpante s'enroule autour des autres plantes et finit parfois par les étouffer. Sous sa forme classique, dans nos jardins, le "liseron des haies" porte des feuilles de forme triangulaires puis des fleurs en cornet d'un blanc pur mais sans odeur. Par temps couverts la fleur se ferme mais elle peut rester ouverte jour et nuit quand il fait beau !
C'est une plante très difficile à maitriser ! Ainsi dans les champs de maïs elle est considérée comme un fléau. En effet, elle utilise la tige de maïs comme tuteur pour aller chercher de la lumière. Elle est prolifique et vigoureuse, son extension est favorisée naturellement par la pratique de la monoculture.
On trouve aussi une variété nommée "liseron des champs" de couleur rose. Celle-ci est odorante.





Jeudi 13 août 1914

Louis Pergaud écrit à son épouse :

   "Hier, j'ai été incapable de t'écrire. J'étais tellement éreinté, assommé par la  chaleur et la fatigue, que j'ai passé sur mon matelas les heures de repos.
   Car, en attendant l'heure qui ne saurait guère tarder maintenant de reformer, avec les gens valides du dépôt, une compagnie de marche, nous passons, qui les journées, qui les nuits, à décharger du blé ou à rouler des tonneaux.
   Tous les jours, la 29e compagnie voit diminuer son effectif qui part, par petites fractions, à Chevert, former de nouvelles unités.
   Aujourd'hui, on vient de nous dire de nous tenir prêts d'une minute à l'autre. Je t'aviserai immédiatement de ce départ, ce qui ne signifiera pas forcément que je vais me rendre tout de suite sur la ligne de feu.
   Nous menons en attendant une vie extrêmement pittoresque, et, n'était la chaleur assommante, ce serait presque agréable.
   Tous les jours, il arrive des blessés, mais en général, les blessures sont assez peu dangereuses, les projectiles, des shrapnells allemands, étant beaucoup moins meurtriers que les nôtres. Même touché, tu vois, on conserve beaucoup de chances de s'en tirer. Ainsi donc rassure-toi, car pour l'heure je ne risque rien et pour l'avenir pas grand-chose. J'ai d'ailleurs foi en mon étoile."
   Dernièrement, j'ai pu en compagnie de deux camarades, visiter Verdun. Quel aspect ! Presque tout le monde a quitté la ville. Rien que des troupes et encore des troupes. Quelques femmes avec le brassard de la Croix-Rouge et quelques hommes avec leur brassard de mobilisés. Tout inconnu est arrêté, et, si l'interrogatoire n'est pas satisfaisant, mis à l'ombre. La nuit, les patrouilles circulent partout, arrêtent tout le monde.
   La corvée de cette nuit, qui est rentrée à trois heures du matin, a été arrêtée au moins dix fois. A part cela aucun bruit de canon. Pourtant on se bat à 20 kilomètres d'ici, du côté de Montmédy.
   Les territoriaux arrivent, et ce ne sont que chants et clameurs enthousiastes :
   - On y va ! A bas Guillaume ! A mort ! Ah ! Le salaud !
   J'ai eu un léger mal de gorge, à la suite d'un chaud et froid. Mais j'ai mis ma chaussette autour de mon cou pour la nuit, selon les vieux principes de ma grand-mère, et aujourd'hui cela va très bien. Je me suis procuré une petite gourde recouverte d'osier que j'ai remplie de rhum sucré pour les moments critiques. Mon bidon est bon, ma musette solide, mon sac neuf, et je me sens de vrais pieds de fantassin."


Jeudi 13 août 1914


12 août 2014

Verdun

Nous avons commencé de publier quelques extraits des lettres de Louis Pergaud pour tenter de rappeler ces années sombres que plusieurs de nos concitoyens ont connues à l'aube du conflit de 1914.

L'écrivain comtois que nous suivrons dans les jours qui viennent est affecté à Verdun.
Les soldats originaires de Voillans partagaient-ils les impressions de Pergaud ?


Le 3 août il écrit à sa femme :
   "Me voici embarqué, avec six autres camarades, dans un confortable wagon de 3e classe aux coussins rembourrés avec des noyaux de pêche par exemple. Mais je suis près de la portière, et je puis contempler le paysage, cette admirable campagne de l'Ile-de-France et de la Champagne.
   Nous avons passé par Soissons où nous avons laissé une partie de notre contingent qui rejoignait le 67e. Nous marchions assez lentement, et nous n'arriverons guère, à Verdun, que vers ce soir sans doute.
   Je n'ai jamais vu tel enthousiasme. Tout le monde part avec le désir de faire son devoir et je crois qu'on le fera. Sur la route, le long des voies, les gosses, les femmes et les vieux nous envoient des saluts et des baisers." ...

Le 4 août, à la même :
   "Nous sommes arrivés hier soir, vers onze heures, à la caserne Chevert, à 5 kilomètres environ en avant de Verdun, et aujourd'hui, on nous habille ...
   ... Pour l'instant, c'est la vie de caserne, point désagréable du tout. J'ai un lit où j'ai passé une excellente nuit. Donc, rassure-toi. Il n'y a aucun danger, et nous sommes en avant formidablement protégés. Un aéro vient de passer au-dessus de nous, salué de joyeux vivats."
   Chacun est calme et tout disposé à faire tout son devoir. N'était le temps (il pleut) - mais c'est surtout désagréable pour l'active qui occupe les tranchées et les villages fortifiés en avant - tout serait parfait. Si le temps est mauvais pour nous, il ne l'est pas moins pour les enfifrés de Guillaume, et je suis persuadé qu'ils ne supporteront pas la chose d'un si bon courage que les gars de France".

Le dimanche 9 août, à la même :
   "Nous avons quitté hier la caserne Chevert pour venir au Jardin-fontaine, à deux pas de Verdun, et laisser la place aux chasseurs du 56e. Mais nous sommes toujours bataillon de dépôt attendant notre tour de partir.
   Ici à Jardin-fontaine, la vie est ce qu'elle était à Chevert, assez uniforme.
   Quant aux nouvelles, elles sont très bonnes, mais il ne nous est pas possible d'en avoir confirmation. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il y a un élan magnifique et une entrain irrésistible. On ne tue pas un peuple qui se lève pour se défendre quand il est animé d'une ferveur aussi belle."




11 août 2014

Reine des prés

Nous avons présenté des plantes toxiques sur le site du village mais également des plantes bienfaitrices.
Voici la Reine des Prés qui très souvent était utilisée par nos anciens comme infusion pour ses vertus nombreuses.




On l'appelle aussi Belle des Prés, Fleur des Abeilles, Barbe de chèvre ou encore Spirée - son nom scientifique est en effet "Filipendula ou Spirea Ulmaria", d'où est tiré le mot"aspirine"car ce sont précisément ses dérivés salicylés qui ont donné naissance à l'aspirine. 

La Reine des Prés est reconnue pour renforcer les résistances contre le stress, pour ses propriétés relaxantes, pour faciliter les fonctions d'élimination de l'organisme en augmentant l'élimination d'eau, pour revigorer le corps et renforcer ses propriétés immunitaires et participer au bon fonctionnement des articulations. Ce n'est pas rien !

On en trouve à Voillans mais comme pour tout remède il faut être prudent dans son utilisation.
On la trouve en pharmacie naturellement notamment sous l'appellation "Reine des Prés BIO" avec des indications. Il est recommandé de demander conseil au pharmacien : toute plante n'est pas un remède anodin !

En savoir plus sur ses vertus thérapeutiques : Doctissimo-phytothérapie




9 août 2014

Laurier de Saint Antoine

L'Epilobe en épi ou Laurier de Saint Antoine, Chamerion angustifolium, est une fleur répandue dans toute la France. On la trouve bien sur à Voillans en lisière des  forêts, au bord des chemins et des cours d'eau. Elles forment des colonies denses. On peut l'observer de juin à septembre.



6 août 2014

Remerciements

La cruelle disparition de Gérard Piguet le 9 avril dernier a laissé le village dans une profonde tristesse.
Cependant une solidarité rapide et efficace a accompagné son épouse Colette qui tient à remercier tous ceux qui l’ont entourée dans ces moments difficiles.
Gageons que cette solidarité perdurera !







4 août 2014

Nous venons d'apprendre le décès de la maman de Cédric SAJNICA, conseiller municipal de Voillans:

Madame Josette SAJNICA, née Rouhier survenu le 31 juillet 2014 à l'age de 66 ans.

Ses obsèques seront célébrées ce lundi à 14H30, en l'église Saint-Martin de Baumes-les-Dames.

Toutes nos condoléances à Cédric et sa famille.

Marthe Guillaume 100 ans

C'est en effet un évènement dans le village. Pour la première fois, à notre connaissance, nous fêtons une centenaire ce lundi 4 août 2014.

Beaucoup d'entre nous se souviennent de Marthe qui a quitté le village il y a une douzaine d'années pour s'installer à la Maison de Retraite de Baume-les-Dames ne pouvant plus rester seule.

Marthe heureuse avec un arrière-petit enfant

Marthe habitait la jolie maison qui fait l'angle entre la Route de Clerval et la Rue des Cossards (alors nommée Rue du Milieu). Cette maison était l'ancienne école du village avant 1882.

En avance sur son temps, Marthe nous a toujours surpris par sa culture et sa "modernité".
Un exemple parmi tant d'autres. Ne pouvant se rendre à Baume-les-Dames par ses propres moyens elle n'hésitait pas à appeler des voisins qu'elle savait capables de la conduire chez la coiffeuse ou le médecin, pratiquant avant l'heure le co-voiturage. Elle était souvent intarissable entre Voillans et Baume.

Marthe aimait la photographie.
Elle a réalisé  de nombreux clichés de sa famille et de ses amis dans le village dès les années 30.

Marthe en 1936 devant sa maison

Merci à Nicole Champroy, sa fille, de nous avoir confié ces photos.

2 août 2014

Mobilisation

Dimanche 2 août 1914

Mobilisation générale en France.
Depuis le 1er août la France mobilise son armée.



Louis Pergaud écrit plusieurs lettres d'adieu. C'est sans doute celle qu'il destine à son ami Léon Hennique de l'Académie Goncourt qui est la plus parlante sur cet évènement.

   "Voilà que ça y est et demain matin je serai en route pour Verdun où ma feuille de route m'appelle en villégiature passagère.
   Ma femme, bien que désolée, accepte l'épreuve avec résignation et courage et, moi, n'était le fait de la laisser seule ici, je partirais avec joie;
   Comme tout a été digne et grave ! J'en suis ému profondément et j'ai confiance.
   Jamais la partie ne s'est présentée si belle : nous avons pour nous le droit d'abord, nos canons et la flotte anglaise. Et puis la foi et ce vieil amour de la terre de France qui vient de rejaillir éclatant et pur de partout.
   Mais l'heure n'est pas venue de faire des phrases ; il faut faire son devoir tout simplement et on le fera.
   Je vous embrasse de tout mon coeur, mon cher ami, mon cher Maître, et j'espère bien le faire effectivement après la campagne."


Louis Pergaud,
Sergent, 29e compagnie du 166e d'Infanterie.

Paris, dimanche 2 août 1914


Il écrit aussi à Jules Duboz, son beau-père :

   "Demain à huit, comme le comporte mon fascicule de mobilisation, je partirai pour Verdun ...
... la population parisienne reste calme ; chacun est résolu à faire son devoir : socialistes, syndicalistes et anarchistes marcheront.
   L'Angleterre est avec nous. L'Italie est neutre. Les conditions sont excellentes et j'ai reçu mes croquenots !!!
   Je ne prétendrai pas que le destin de la Patrie était intimement lié à leur arrivée, mais il me plaît d'interpréter l'évènement comme un bon présage."

On sait que Louis Pergaud perdra la  vie le 8 avril 1915 dans la Meuse.

1 août 2014

Dictons d'août - Pergaud/Jaurès









C'est la mobilisation le 1er août 1914 !
Nous suivons les évènements en 1914 avec Louis Pergaud :

Il écrit à Jules Duboz, son beau père :

   "On pensait déjà, hier soir, que le décret de mobilisation serait affiché cette nuit ; pourtant, ce matin, rien encore n'était paru.
   Mais on disait que ce serait pour midi ou certainement dans la journée ; déjà, paraît-il, toutes les classes jusqu'à celle de 1900 comprise, auraient été convoquées à Nancy et aux environs.
   Il est certain que jamais la situation n'a été aussi tendue et aussi menaçante.
   Pour comble de malheur, un misérable, un sale camelot du roi, une fripouille stupide, a assassiné Jaurès hier au soir, en lui tirant trois coups de revolver par derrière.
   Il est mort sur le coup et l'émotion est intense car, avec ce grand citoyen, qui était vraiment le meilleur des hommes et le plus éclairé des patriotes, disparaît un des meilleurs conseillers du peuple de France, et un des plus vigilants gardiens de la paix dans le monde.
   C'est un crime sans nom qui me bouleverse et me révolte.
  Jamais dans des époques de crise, comme celle que nous subissons aujourd'hui, on n'a tant senti le besoin de se serrer les coudes, et c'est justement à l'heure où le parti socialiste tout en faisant pour la paix des efforts désespérés se solidarise nettement avec le reste de la nation et fait trêve aux haines politiques qu'on égorge lâchement son chef vénéré.
   Il y a de quoi hurler non tant contre l'idiot dont le bras a agi, mais contre les lâches provocateurs qui, dans d'immondes feuilles de chantage, propagent les plus abominables calomnies contre les honnêtes gens, et poussent les plus faibles d'esprit à des actions aussi épouvantables que celle-là.
   Vous savez sans doute qu'on a intenté des poursuites contre Paris-Midi et son directeur pour propagation de fausses nouvelles très alarmantes
   Ce directeur ... à peine naturalisé Français, un nommé Kartoffel (mot qui signifie en allemand pomme de terre, patate, si vous aimez mieux 1) ... signe de Waleffe ? ... Chaque jour, à midi, il déverse sur les militants socialistes et radicaux les plus immondes calomnies et fait un étalage d'un patriotisme aussi tapageur que peu sincère. 
   A l'instant où je vous écris, 10h 1/2 du matin, je n'ai pas encore reçu mes souliers (Cf lettre du 29 juillet)  ; sans doute que les gens de Valdahon ou Vercel n'ont pas mis la même diligence que vous à me les faire parvenir ...
   2 heures après midi
   Le colis n'est toujours pas arrivé, mais déjà une partie des réservistes ont reçu leur ordre d'appel individuel et je me suis muni.
   La crise économique passe à l'état aigu ; au marché aujourd'hui, il était impossible de se procurer des pommes de terre ; des gens font la queue aux portes des vendeurs de comestibles ; les grands magasins ont vendu tous leurs légumes secs et toutes leurs pâtes. Néanmoins, cela n'a pas augmenté et il est encore possible de tout se procurer ; d'ailleurs Delphine a des provisions d'avance et Paris ne manquera pas de vivres ..."


1 -  Son nom était, en réalité, Kartuyvels, et, pour n'en citer qu'un exemple, voilà ce que l'on pouvait lire, sous sa signature, dans Paris-Midi du 17 juillet 1914 : "A la veille d'une guerre, le général qui commanderait à quatre hommes et un caporal de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre, à bout portant, le plomb qui lui manque dans la cervelle, ne ferait-il pas son plus élémentaire devoir ? Si ! Et je l'y aiderais."